Les Greluches font du ski!

Les Greluches font du ski!

Parce qu’on a tous quelque chose en nous de  … Jean-Claude Duss! Surtout si, comme moi, tu n’as pas eu ton premier flocon à 2ans 1/2, que tes parents ne mettaient pas « Tout Schuss » à la fin de chaque phrase dès la mi-janvier, que ton expérience de la poudreuse se limite à du ski de fond à la baraque fraiture, des randonnées en raquettes et quelques séjours de collectivité qui, hormis une prise de conscience aigüe des effets de l’altitude sur ton degré d’alcoolémie, ne t’auront laissé ni une grande maîtrise du sujet ni un souvenir impérissable.

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Mais ne m’avouant pas si vite vaincue, on ne sait jamais sur un malentendu … j’ai tout de même retenté l’expérience avec un très agréable séjour à Méribel, où j’ai largement rentabilisé mon forfait thalasso. Mon prof particulier, qui a bien compris que cela ne servirait pas à grande chose d’en faire trois tonnes, s’est résigné à ne surtout PAS me pousser dans mes derniers retranchements.

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Ma confiance dans les climats froids et rudes en est sortie ragaillardie et c’est le plus naturellement du monde que je décide, l’hiver suivant, de partir avec quelques amis pour un séjour « Huggy les bons tuyaux » avec forfait bus et appartement au confort spartiate dans une station bondée. Qu’à cela ne tienne, il en faudra plus pour faire retomber mon bel enthousiasme! Même si je commence un peu à déchanter quand 2 grands types, ressemblant furieusement à des gardes du corps de stars hollywoodiennes, viennent nous demander du sel et nous expliquer qu’ils occupent tout l’étage du dessus parce qu’avec leur association ils offrent des vacances à des jeunes de Sarcelles en décrochage (« … »). On peut passer les voir quand on veut (non ça ira merci!), et les appeler si on a besoin de quoi que ce soit (« ne nous tuez pas pitié! » – ooooh je déconne, ils étaient très sympas, surtout celui qui voulait toujours m’inviter à danser des slows…).

Me voilà donc, telle la brune d’un sketch de Gad, évoluant sans grâce ni style (en chasse-neige perpétuel et flanquée de mes 2 copines blondes) sur des pistes vertes, bleues  …et même rouges! Passablement éreintée par ces exploits, quand mes amies décident de terminer par une piste noire (merci, mais sans façon) j’opte pour le petit sentier « piste verte » dont le panneau « fermé pour cause de verglas » a échappé à ma vigilance!!! Ma maîtrise du chasse-neige ne me servira à rien puisque je dérape, en grand écart, de plaques de glace en plaques de glace pour finir pendue à la cordelette de sécurité avant de m’étaler 5 mètres plus bas et entendre au loin mes amies hurler:

« C’est qui ce malade qui vient de faire un jump? »

 « P … je crois que c’est Méla! »

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Les badauds attroupés autour de moi s’inquiètent de ce qu’ils pensent être des gémissements, alors que je suis juste prise d’une crise de rire qui frise l’hystérie, couverte de terre et méchamment courbaturée… j’aime autant vous dire que ma jolie combinaison blanche moulante a bien morflé elle aussi!

Je me traîne ensuite péniblement jusqu’à un ascenseur pour redescendre à la station, sauf que … la piste verte étant fermée, l’ascenseur est évidemment hors-service!

Ma seule issue sera d’emprunter la piste noire, méchamment verglacée : la scène est APOCALYPTIQUE :

  • des gens crient et tombent dans tous les sens
  • des brancards des neiges défilent à la chaîne
  • j’ai PEUR

Il ne me faut pas 2 mins pour bouffer de la glace et perdre un ski … déraper de plus belle et perdre le 2ème. Deux surfeurs me demandent si j’ai besoin d’aide, et même si j’ai envie de leur hurler « je suis coincée, sans ski,  en haut d’une piste noire verglacée, vous avez le cerveau cramé ou quoi les mecs!!!  » je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche qu’ils me disent de ne pas m’inquiéter : « on dépose tes skis en bas des pistes, à tout' ».

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Après un bref examen des possibilités -restreintes- de me sortir de ce merdier, je décide d’amorcer une descente sur le postérieur, qui immanquablement va se solder par un nouveau drame. Imaginez-moi glissant sur le ventre, tentant, comme dans un film d’horreur, de planter mes doigts dans la neige avec l’énergie du désespoir pour éviter l’inéluctable :« J’vais m’faire rapatrier par Europ Assistance moi, ça va pas faire un pli » , j’ai des larmes plein les yeux et tente à chaque moto-brancard qui passe un poignant « aidez-moi je vous en supplie » qui se solde systématiquement par « désolé mademoiselle, mais on a encore plein de fractures ouvertes à gérer » .

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Quand soudain : MIRACLE : un marseillais, le soleil dans la voix et le coeur sur la main, s’arrête et me demande s’il peut m’aider, je me retiens de lui embrasser les skis, et me jette littéralement sur lui. « Montez sur mes skis devant moi, c’est parti » « Euuuuh, vous êtes sûr, on ne vas pas se tuer tous les 2″ mais le brave homme a l’air de savoir ce qu’il fait : je ferme les yeux, croise les doigts et serre les dents (et les fesses) puis me détends un peu, il a l’air de gérer, ouf! Sauf que les dieux de la glisse se sont ligués contre moi et qu’une fois encore : paf, on s’étale, on dérape, on glisse, mais à nouveau mon héros du jour sauve la situation, il passe devant moi, me stoppe et me dit de son accent chantant « je pense que vous avez un petit problème » aaaah effectivement, cette dernière chute aura eu raison de ma combinaison blanche, moulante et sexy qui, outre la boue précédemment amassée, est déchirée sur 30 cms au niveau de l’entrejambe. Je feins de l’ignorer et rassemble ce qui me reste de dignité en lui lançant un courageux « bon on y retourne? ».

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L’arrivée au village, restera, avec la naissance de ma fille un des moments les plus émouvants de toute ma vie!

Quand te reverrai-je pays merveilleux où ceux qui s’aimeeeeeeeeeent vivent …. AU CHAUD!

4 Commentaires

  1. Top. J adore. Une vrai bouffée d oxygène

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    • C’est aussi ça l’air de la montagne!

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  2. C’est simple, j’ai ri aux larmes. On sent le vécu.
    Pour ma part, j’ai dû redescendre sur le dos d’une monitrice toute frêle et qui ne m’arrivait même pas à l’épaule… grand moment de solitude.

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    • Merci ;), il faudrait créer un groupe de soutien aux désespérés du ski!

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