Cherche l’amour. Oui mais où? Myriam Leroy nous dit tout!

Cherche l’amour. Oui mais où? Myriam Leroy nous dit tout!

Capture d’écran 2017-10-26 à 00.22.35CHERCHE L’AMOUR : la pièce grinçante de MYRIAM LEROY, qui cartonne au Théâtre de la Toison d’Or, et qui met en scène des tableaux de rencontres (notamment via des sites de rencontres), est un petit bijou jouissif de drôlerie et de fraîcheur. A moins que vous soyez en couple depuis 25 ans et que vous n’ayez JAMAIS AU GRAND JAMAIS tenté ou expérimenté un bon vieux Meetic ou Tinder, vous vous retrouverez d’office dans cette épopée de l’amour sur commande.

Voici quelques extraits de notre rencontre greluchesque avec une jeune femme qui mixe humour, intelligence et subtilité, le tout agrémenté d’une pointe succulente de « old school attitude » par son raffinement et ses bons mots.

Malgré toutes ces qualités (limite irritantes), Myriam Leroy pourrait devenir notre BFF sans souci !

Annabella : Comment t’est venue l’idée de cette pièce, c’est du vécu ?

Myriam : Je n’ai jamais été sur des sites de rencontres … La plupart des scènes sont des scènes qui se sont réellement produites, mais rapportées pas des amis (hommes et femmes).  À un moment donné je séchais un peu. J’avais même fait une demande sur Facebook, et j’ai reçu des tonnes d’histoires plus difficiles à croire les unes que les autres.

Mélinée : Ah mince si j’avais su, je t’aurais donné de la matière … J’ai testé les sites à une époque (voir ici) mais j’ai abandonné après 15 jours. Il y a carrément des mecs qui posent avec leur animal de compagnie (je n’ai toujours pas compris pourquoi), ou des photos de profil bidouillées sur lesquelles tu devines les cheveux de l’ex nana, qui a été partiellement coupée…

Sans parler des descriptions genre « Je suis un aventurier », ou des photos floues prises de nuit, et de loin. Une véritable expérience sociologique en soi !

Myriam : Bizarrement, les pires dates, ce sont toujours des nanas qui les racontent. Ce sont elles qui disent que les mecs ont été ultra cons, et rarement l’inverse.
Mes potes garçons qui sont sur Tinder se plaignent surtout que les photos ne sont absolument pas ressemblantes. Ça me dépasse un peu. Stratégiquement, c’est un peu débile …


Mélinée : Mais oui, il vaut mieux mettre une photo où tu n’es pas à ton avantage, comme ça quand les mecs te rencontrent, ils se disent « ah ouais « !

Myriam : Il faut trouver le délicat équilibre…

Mélinée : D’ailleurs tu n’as pas eu de remarques sur le fait que ta pièce peut sembler parfois « anti-hommes », dans les personnages que tu développes ?

Myriam: J’ai en effet quelques retours masculins qui sont un peu irrités car ils estiment avoir le mauvais rôle dans la pièce.
Je n’avais pas l’impression d’avoir écrit quelque chose de déséquilibré à ce niveau-là. Cela m’a d’ailleurs un peu énervée, car je trouve tout à fait « anti-féministe » de dire « tous les hommes sont des cons » et « toutes les femmes sont super ». En fait, être féministe, c’est revendiquer le droit à la connerie en étant homme ou femme.

J’ai donc fait des petites statistiques des différentes scènes, afin de savoir qui remportait la mise et au final, c’est du parfait 50/50.

Ce n’est pas une pièce militante, mais je voulais que les femmes aient des rôles qui ressemblent aux femmes de la vraie vie. Des fortes têtes, des femmes qui choisissent et qui n’attendent pas qu’on décide pour elles. Je ne sais plus pourquoi je disais ça, il me semblait qu’il y avait une excellente chute … (Rires).

Annabella : Il existe aussi des sites spécialisés pour les couples mariés. Ça pourrait être une idée de suite… Et tu n’as pas eu envie de mettre en scène la pièce ?

Myriam: je n’ai absolument aucune compétence de mise en scène et j’ai appris ce que c’était en regardant Nathalie Uffner travailler. Pour moi mettre en scène c’était de dire au comédien : « là, tu le lèves et tu t’assieds sur la chaise de droite »… C’est tellement plus complexe.

Mélinée: Alors y aura-t-il une suite ?

Myriam: C’est vrai que ça aurait été sympa, mais Nathalie m’a proposé un autre sujet, que je ne peux pas encore dévoiler, c’est trop tôt…

Annabella : Quel a été ton pire « blindate » ? Peut-être qu’il est dans la pièce ? (Myriam réfléchit un temps). T’en as pas eu ? Vraiment ?

Myriam: Et ben non, je crois pas. Il faut que je me refasse la liste…. Ben non. En fait je n’ai jamais eu de rencard avec quelqu’un que je connaissais pas. Moi, c’était assez traditionnel. C’est jamais passé par la case blinddate.

Capture d’écran 2017-10-26 à 00.39.20

Annabella: T’as de la chance !! (Rires) On est vraiment contentes pour toi. Ça fait plaisir de se dire que ce n’est pas toujours pourri ! Tu as un souvenir de rendez-vous pathétique, sinon ?

Myriam: Ah oui! Et en même temps, ça reste malgré tout un bon souvenir puisqu’on est quand même restés 10 ans ensemble.

C’était en Erasmus au Québec, c’était notre premier rendez-vous, il voulait me faire découvrir la campagne québécoise mais c’était l’hiver le plus rude depuis au moins 60 ans. Il faisait -52°, c’était vraiment horrible. Je respirais dans 2 écharpes pour garder un peu de vie dans mon corps, et à chaque fois ça faisait un tunnel gelé devant ma bouche. Il avait une voiture sans chauffage. Et en fait, on est tombés en panne sur une espèce de pente. On est restés coincés dans cette pente et j’ai cru qu’on allait crever là, dans ce village consanguin. Et finalement, on a trouvé un vieux fermier à qui il manquait des doigts. C’est là que je me suis rendue compte que mon mec n’était pas un super héros, mais un être humain. Ça me fait toujours un peu mal quand je me rends compte que je ne sors pas avec un magicien, et qu’il a pas tous les tours dans son sac…

Annabella : Que serait selon toi le pire endroit pour un rencard ?

Myriam: Les endroits horribles, c’est même parfois plus sympa : au milieu des vieux bourrés édentés, t’as l’impression d’être un être de lumière.

Mélinée : L’endroit idéal alors ?

Myriam: Pas les endroits où il y a beaucoup de monde car je suis très agoraphobe. Un bar à cocktail comme Hortense où c’est tamisé, ou un resto italien qui s’appelle Le Certo, c’est délicieux et un vrai traquenard romantique.

Capture d’écran 2017-10-26 à 00.46.29Annabella: Si tu étais un homme que ferais-tu pour te séduire?

Myriam: Je n’ai pas spécialement de type de mecs. Mais les mecs radins c’est vraiment pas possible,  pas que j’estime qu’on doit me payer des choses mais ça doit être relativement équilibré. Les comptes d’apothicaires, très peu pour moi.

Un truc qui me séduit, ce sont les odeurs, les parfums. Cela peut stimuler tout un imaginaire. Et si la personne sent mauvais, cela peut être une fin de non-recevoir.
J’aime les voix aussi, et les gens délicats, ou les gens qui emploient de jolis mots. Il y a des mots qui me rebutent totalement. Genre le mot « Péter : je vais te péter la gueule ! ». Vraiment ça me dégoûte. Un certain raffinement au niveau du langage a tendance à piquer ma curiosité.

Et aussi les gens qui ne font que parler d’eux, s’auto-citent, ça je déteste. Qui se « Alaindelonisent », à coups de « Comme je dis toujours… ». En général, ce qui suit est toujours d’une banalité sans nom ; c’est totalement rédhibitoire.

Mélinée : Comment rompre par sms ?

Myriam: Je suis un peu une « Drama Queen », donc j’ai souvent tendance à tourner les messages à la « Ma vie est foutue sans toi, je vais mettre 10 ans à me reconstruire ». De manière générale, je déteste vexer et être sèche, humilier les gens. Donc j’essaie de dire les choses avec délicatesse et gentillesse. Même quand il s’agit de décliner une demande de rendez-vous, je me contorsionne dans tous les sens pour éviter à l’autre de perdre la face.

J’essaie de valoriser la personne dans mon refus mais c’est une mauvaise technique car ça ne marche jamais. On ne me comprend pas. Et je me coltine des sollicitations de ces types beaucoup plus longtemps que si j’avais été cash, quitte à être désagréable.

Il faudrait que je puisse dire « Tu ne m’intéresses pas, tu es laid, tu m’ennuies ».

Mélinée : Donc, la phrase type idéale pour rompre ?

Myriam : Appelez-moi si vous la trouvez! (Rires)

Annabella : As-tu des tics physiques quand un garçon te plait ?

Myriam : Je me rends compte que je ne cligne pas des yeux. Je pense que de manière inconsciente c’est un moyen d’établir une sorte de ‘eye contact’ dont il est impossible de s’échapper…

Mélinée : Pas bête comme technique !

Myriam : Une manière de le rendre prisonnier du moment, mais c’est peut-être en effet totalement flippant. Car je rajoute, en plus, beaucoup de silences.

Difficile d’expliquer que c’est de la séduction….

chla-plg

 

CHERCHE L’AMOUR, mis en scène Nathalie UFFNER

PRIX DE LA CRITIQUE 2016-17 : MEILLEURE AUTEURE

Prolongations au Théâtre de la toison d’or du  1er au 18 novembre ; Réservations ici


 

 

 

1 Commentaire

  1. Je n’aime pas rompre par SMS : tu m’appelles?

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